Lui, c'est un quelconque, un quidam, un minuscule inimportant, qui marche.
   Autour de lui, le monde se consomme, invisibles génocides de masse, corruption pandémique, justice inique amère, et omniprésente guerre pour les plus gros barils de jus les moins chers.
  Pourtant il chante, il sifflote un air inspiré on ne sait d'où, la légèreté de son cœur se trouve bien à sortir ainsi.
  Autour de lui, on devine dans la nuit les maisons effondrées, la ville sinistrée, à moitié engloutie par les eaux (c'était ça ou la sécheresse...).
  Il est en t-shirt, fin février, 21°C. C'est 20° au-dessus des normales saisonnières.    La fin d'un monde a de doux côtés...
  La pente monte rudement, et plus d'un fait pause à mi-parcours. D'ailleurs, un banc de grosses pierres taillées fut installé là, prêt à accueillir des tas de lasses fesses pour des siècles. Preuve qu'il fut une époque où la générosité de l'homme dépassait sa prison de chair, sa vision, la semaine qui vient, et les moyens qu'il se donnait, la tête de gondole discount.Il passe devant, sans s'arrêter, pas même essoufflé, joyeux, d'un pas presque sautillant, porté par son but dont il aperçoit déjà la clarté.
   La côte est montée, son regard se pose un instant sur Dieu et son calvaire. Lui c'est de l'autre côté qu'il va, là d'où vient la lumière qui éclaire les ténèbres ambiantes.
   Il pousse la porte du Fabuleux Destin, des rires en profitent pour sortir, et quelques notes s'éparpillent vers les cieux étoilés.

Romaric

Date de dernière mise à jour : 31/03/2019